Parcours semé d’embûches pour De La Chapelle

A la fin des années 80, un homme, Didier Primat, héritier de la famille Schlumberger et passionné d’automobile, semble décidé à dynamiser l’automobile française, et à partir de deux marques tombées dans son escarcelle, MVS (qui deviendra dans la foulée Venturi) tout comme les Automobiles De La Chapelle quelques temps avant, tente de se développer sur un marché français qui devient morose. Le Groupe Primwest , qui regroupe les investissements de Didier Primat (ses danseuses diront les mauvaises langues) est ambitieux. Xavier de La Chapelle, le créateur du constructeur éponyme devient le PDG des deux marques et les projets se font nombreux tant chez Venturi que chez DLC.

Le Parcours lors d'une séance photo publicitaire

Le Parcours lors d’une séance photo publicitaire

Jusqu’à présent, De La Chapelle ne produit que des répliques (enfin pas tant que cela puisque jusqu’au relancement de la marque Bugatti par Romani Artioli en 1990, la firme lyonnaise dispose du droit d’utiliser la marque Bugatti grâce à un accord généreux avec la firme Messier-Bugatti, spécialiste de l’aéronautique et héritière de la firme de Molsheim. Vous suivez toujours?).

La DLC 57 Atalante, et son modèle "pour enfant" commercialisé lui aussi

La DLC 57 Atalante, et son modèle « pour enfant » commercialisé lui aussi

Xavier de La Chapelle est l’héritier d’une famille dont le grand-père créa au début du siècle l’une des nombreuses marques d’avant guerre, Stimula. C’est sous ce patronyme qu’il se lance en 1979 dans la construction de roadster néo-rétro. Ne nions cependant pas la qualité du travail de Xavier de La Chapelle, qui en cette fin des années 80 équipe ses voitures de moteurs BMW qui bénéficient de la garantie et de l’assistance réseau de la marque munichoise.

Avec le rachat par Primat, et malgré les énormes pertes, l’ambition est présente. Venturi s’oriente vers la course (Formule 1 puis Gentleman Trophy) et les GT (la 2.80 SPC puis la 260 APC, sans compter le formidable Transcup), tandis que De La Chapelle (allez savoir pourquoi) se lance sur le créneau du monospace haute performance et de luxe. Ce sera le Parcours, doté dans un premier temps d’un V12 Jaguar, rien que ça, puis d’un V8 Mercedes (ce qui nous en conviendrez n’est pas mal non plus).

Esprit de groupe oblige, le Parcours est photographié avec une Venturi en arrière plan

Esprit de groupe oblige, le Parcours est photographié avec une Venturi en arrière plan

En tout seulement trois exemplaires seront construits. Un premier, non roulant (une maquette dotée d’un moteur, le fameux V12 Jaguar développant 273 chevaux), un deuxième, roulant mais non homologué, doté d’un V8 5 litres Mercedes de 326 chevaux, à la vitesse de pointe de 240 km/h, qui sera présenté au salon de Genève 1992, et un troisème, en tout points identiques, mais homologué, lui…

Un face à face étonnant

Un face à face étonnant

Les deux modèles roulants sont dotés d’une transmission intégrale qui au dire d’un de ces proprétaires permet des performances étonnantes pour un tel engin. Sur ces deux engins roulant, existent deux configurations : l’exemplaire n°2, non homologué, dispose à l’arrière de 4 sièges face à face, comme dans un salon, tandis que l’exemplaire n°3 homologué dispose de deux rangées de sièges à l’arrière. On dit que ce 3ème exemplaire servit aux cadres du Groupe Primwest pendant quelques temps.

D’ailleurs la cible du Parcours était bien celle là, reprise plus tard par le Passport d’Hobbycar : les chefs d’entreprise désireux d’avoir un bureau roulant. L’intérieur ultra luxueux du Parcours en témoigne, avec tout ce qui se faisait de mieux à l’époque (et qui peut paraître dérisoire aujourd’hui).

L'intérieur du Parcours n°2

L’intérieur du Parcours n°2, avec ces 4 places en face à face

La crise est là en 1992, et Venturi coûte des millions au Groupe Primwest (la fausse bonne idée de la Formule 1 notamment), qui réduit la voilure : abandon de De La Chapelle, vente de Venturi à Hubert O’Neil qui tentera de relancer la marque (à venir un vrai article sur Venturi). Cela fait quelques temps que Xavier de La Chapelle n’est plus PDG de l’ensemble, et les idées de grandeur sont déjà loin.

Le Parcours vu par l'arrière

Le Parcours vu par l’arrière

Restent ces deux exemplaires roulants, qui prouvent, comme le monospace Passport (https://boitierrouge.wordpress.com/2014/03/04/passport-pour-le-futur/) qu’à défaut d’avoir du pétrole, on avait des idées en France. Ces deux modèles, contemporains, étaient en avance sur leurs temps, en une période de crise peu propice. Dommage.

Un grand merci à Sifu pour avoir donné l’autorisation de publier ses photos.

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4 réflexions sur “Parcours semé d’embûches pour De La Chapelle

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