« L’A610 m’a tueR » aurait pu dire Alpine

La renaissance d’Alpine est sur les rails, malgré l’annonce d’un report à 2016 de la sortie du nouveau modèle au lieu de 2015 initalement prévu. La nouvelle Alpine, ainsi que sa sœur jumelle Caterham, sera produite dans l’usine historique de Dieppe. C’est l’occasion de se rappeler quel fut le dernier modèle de la marque.

L'A610 a quand même de la gueule

L’A610 a quand même de la gueule

Si la date de sortie de 2015 avait été annoncée, c’est sans doute pour tomber pile 20 ans après l’arrêt de la dernière Alpine, l’A610. Cette GT présentée en 1990 fut en effet produite de 1991 à 1995. A sa naissance, elle semble n’être qu’une version restylée de l’Alpine GTA alors qu’elle n’en reprend que très peu d’éléments. Mais il est vrai que le budget aloué au lancement de ce modèle est assez modeste et ne permet pas aux stylistes d’aller aussi loin qu’ils le voudraient. Toutes les pièces de carrosseries sont nouvelles, mais l’utilisation des mêmes vitrages que la GTA rend la ressemblance troublante.

L'A610 à comparer...

L’A610 à comparer…

... à la GTA qu'elle remplace

… à la GTA qu’elle remplace

Dotée de 4 places (hum…), elle est motorisée par une version turbo de l’antique V6 PRV, de 3 litres et développant 250 ch, bien entendu en position arrière. Ce moteur permet à l’A610 d’atteindre les 265 km/h, et démontre de sacrés progrès par rapport à la GTA. De même, la tenue de route est royale grâce à une meilleure répartition des masses, ainsi qu’un meilleur aérodynamisme.

L’intérieur est en progrès lui aussi, mais on reste dans un style très « Renault », loin du luxe proposé par ses concurrentes, et notamment par Venturi son adversaire français. Un service de personnalisation sera proposé sans succès en 1994.

L'Alpine A610 Magny Cours

L’Alpine A610 Magny Cours

Deux séries spéciales seront lancées. L’une en fin 1991 à l’occasion des Jeux Olympiques d’Albertville. 2 exemplaires reçurent la livrée spécifique « Olympique 92 » et servirent au transport des personnalités avant d’être revendues. L’autre en 1992 pour célébrer la victoire de l’écurie Williams-Renault sur le circuit français de Magny-Cours, et logiquement appelée « Magny-Cours ». 31 exemplaires de cette série furent produits.

L'Alpine A610 des jeux olympiques d'Albertville

L’Alpine A610 des jeux olympiques d’Albertville

Une version cabriolet fut étudiée sans jamais voir le jour, ainsi qu’une version « 280 ch » qui elle aussi resta dans les cartons, faute d’argent, de marché et de volonté. En cinq ans de production, seuls 818 exemplaires tombèrent des chaînes de Dieppe, et seulement 14 la dernière année, ce qui emporta la décision de cesser la production.

L’échec relatif de l’A610 s’explique par une trop grande ressemblance avec la GTA biensûr, mais aussi à un tarif relativement élevé au regard de son équipement (425 000 F en 1994), qui la place en concurrence avec des Porsche ou des Ferrari. Enfin, la montée en puissance de la marque française Venturi, avec des coupés dotés de PRV développant 260 ch, à l’équipement ultra luxueux et aux tarifs à peine plus chers, la priva d’une clientèle attachée au « made in France ». D’ailleurs, l’A610 est curieusement plus appréciée Outre Manche et en Allemagne. La crise bien entendu n’arrangea rien. Enfin, avec l’A610, 100% GT, Renault s’était éloigné du concept originel de la Berlinette (ce qui permit à Hommell d’en proposer sa vision à la même époque : https://boitierrouge.wordpress.com/2014/03/11/hommell-berlinette-lheritiere-dalpine/)

Sac concurrente française, la Venturi 260

Sa concurrente française, la Venturi 260

Depuis 15 ans, de nombreux projets ont été proposés pour faire revivre Alpine, jusqu’à ce que le projet se concrétise enfin avec Caterham, avec l’idée de revenir aux fondamentaux de la marque créée par Jean Rédélé : une berlinette.

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13 réflexions sur “« L’A610 m’a tueR » aurait pu dire Alpine

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  2. Une très belle et performante version à participer aux 24 H du Mans, et à quelques autres courses si je ne me trompe pas. Et belle en plus.

    Elle fonctionnait pas mal, peut-être qu’un peu plus soutenue en course, elle aurait pu en profiter dans la « série ». La mode n’était pas encore au GT en endurance, ça démarrait.

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