L’A710, l’Alpine inconnue

A la fin des années 80, on s’est embourgeoisé chez Alpine, dérivant lentement vers le Grand Tourisme avec la GTA (puis l’A610 au début des années 90). Conscients de s’éloigner du concept originel d’Alpine (la berlinette A110), désireux d’élargir sa clientèle et de faire tourner l’usine historique de Dieppe, les hommes d’Alpine lancent le projet w71 destiné à créer une berlinette deux places à moteur central arrière capable d’épauler la future A610, communément appelée A710.

 

Le deuxième prototype, aux phares proches de ceux du Porsche Boxster.

Le deuxième prototype, aux phares proches de ceux du Porsche Boxster.

C’est le BEREX (Bureau d’Etudes et de Recherche Exploratoires) de chez Renault qui va s’atteler au projet. Le Berex est lui aussi en sursis (il fusionnera d’ailleurs en 1992 avec le Centre Technique de Villiers pour devenir le Créos, un bureau détude spécialisé dans les véhicules utilitaires). Pour Alpine comme pour le BEREX, c’est le projet de la dernière chance.

 

L'arrière du deuxième prototype

L’arrière du deuxième prototype

Le projet début en 1989, et deux prototypes naîtront supposés explorer plusieurs voies possibles pour cette berlinette moderne. Le design différe, le premier prototype disposant de feux avant assez classiques et une paire de doubles optiques ronds à l’arrière. Le second en revanche possède des feux avant englobant les anti-brouillards, assez proche de ce que deviendra la Porsche Boxster quelques années plus tard, mais à l’arrière plus sage. Les deux proto possèdent une sortie d’échappement centrale.

 

Les deux protos, sous leurs baches plastiques

Les deux protos, sous leurs baches plastiques

L’idée de revenir aux fondamentaux d’Alpine est concrétisée par une poids contenu (aux alentours de 900 kg), grâce à l’absence de tout élément de confort notamment (vitres électriques et climatisations absentes). Performante, elle devait être proposée à un prix approchant les 150 000 F.

 

Le deuxième proto vu de 3/4 avant

Le deuxième proto vu de 3/4 avant

Pourtant, le projet fut enterré par la direction de Renault qui semblait de toute façon avoir fait une croix sur Alpine depuis longtemps. D’autant que les victoires en Formule 1 incitèrent à capitaliser sur la marque Renault Sport plutôt qu’Alpine. Le projet w71 fut donc jeter aux oubliettes. Enfin pas tout à fait puisque la plate forme de la w71 servit de base au Spider, de chez Renault Sport justement.

 

L'arrière du premier prototype, plus original, façon Ferrari 456 GT

L’arrière du premier prototype, plus original, façon Ferrari 456 GT

L’arrêt de ce programme est réellement dommage, car Renault a raté le coche du développement d’un marché de niche : celui du petit roadster à moteur central arrière, que d’autres investirent aussitôt : Porsche avec son Boxster, Toyota et son MR ou bien MG avec son Roadster F puis TF et Hommel avec sa Berlinette Echappement. Plus largement, le marché des petits coupés ou cabriolets sportifs explosa, avec les Mazda Mx5, les BMW Z3, etc.

 

En 2013, Renault a cependant annoncé le retour d’Alpine (en association avec la marque anglaise Caterham) pour 2015 (20 ans après la dernière Alpine), reportée depuis à 2016 suite à des retards de développement.

 

Sur ce sujet, voir aussi :

 

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2 réflexions sur “L’A710, l’Alpine inconnue

  1. Pingback: Toutes les Alpine sur Boîtier Rouge ! | Boîtier Rouge

  2. Pingback: Renault Sport Spider: un arrière goût d’Alpine | Boîtier Rouge

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