Santa Matilde SM 4.1, sportive à la brésilienne

La grande histoire créé parfois la petite histoire, particulièrement dans l’automobile. Dans les années 70 règne au Brésil une junte militaire, par définition nationaliste, qui joue la carte du protectionnisme en taxant lourdement les importations, notamment automobiles.

Le style de la Santa Matilde est un peu lourd, et très marqué.

Le style de la Santa Matilde est un peu lourd, et très marqué.

Si cette décision favorise l’industrie brésilienne, elle pose problème à tous les brésiliens passionnés d’automobiles et possesseur de sportives européennes. C’est le dilemme d’Humberto Pimentel, PDG d’une société de matériel agricole, qui voit sa Porsche 911 rester au garage par manque de pièces disponibles.

La SM existait en trois versions: coupé, hatch (photo) et cabriolet.

La SM existait en trois versions: coupé, hatch (photo) et cabriolet.

Après avoir tenté de rouler brésilien sans être totalement satisfait, Pimentel se décide à lancer sa propre sportive, la Santa Matilda (que les brésiliens appellent SM) en 1978. Il s’agit d’un coupé basé sur le chassis de la Chevrolet Opala. Le design initial inspiré de Lamborghini aboutit finalement à un coupé un peu maladroit, sans grand atout si ce n’est d’être brésilien (et donc abordable pour l’upper classe de Rio ou Sao Paulo).

Une publicité pour le coupé et le cabriolet Santa Matilde.

Une publicité pour le coupé et le cabriolet Santa Matilde.

Disposant d’un moteur Chevrolet 6 cylindres en ligne de 4,2 litres, il sera proposé dans les années 80 en version « alcoolisée ». En effet au Brésil, depuis la première crise pétrolière, on a développé les moteurs fonctionnant à l’alcool, impliquant une plus grande consommation, certes, mais beaucoup moins cher à produire (notamment grâce à la production intensive de la canne à sucre au Brésil).

L'intérieur luxueux d'une SM de 1986.

L’intérieur luxueux d’une SM de 1986.

Plus les années 80 avancent, plus les ventes s’effondrent. Les grands constructeurs internationaux ont d’abord palier les droits de douane important en s’implantant au Brésil, puis, en 1989, un vent libéral souffle au Brésil et sonne la fin des droits de douane sur les automobiles importées. D’une certaine manière, c’est aussi l’arrêt de mort de Santa Matilda, qui continuera à produire épisodiquement jusqu’en 1997 (une seule voiture fut produite cette année là, sur commande spéciale, attention collector!). Une version cabriolet fut proposée de 1984 à 1990.

 

Si j’en crois les chiffres du SM clube do Brasil, seulement 937 exemplaires de SM furent fabriquées entre 1978 et 1997, dont 76 cabriolets seulement. Un projet de berline fut abandonné à la fin des années 80, notamment à cause de relations difficiles avec le syndicat de la métallurgie. Dans ses meilleures années, SM ne fabriqua pas plus de 207 véhicules en une année (en 1986).

 

http://www.smclube.com.br

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