Sierra, l’ovni dans la galaxie Ford !

Vous ne le saviez peut-être pas, mais la Ford Sierra a quelque chose d’un peu français ! On doit en effet son dessin particulier à un certain Patrick Le Quément que les amateurs de Renault connaissent bien. Mais avant de rejoindre la firme au losange, le designer français a fait ses armes au sein de la firme à l’ovale bleu. A la demande de Bob Lutz, le charismatique patron de Ford Europe à l’époque (il aura écumé presque une demi-douzaine de constructeurs tout au long de sa carrière), il doit dessiner une voiture qui bouleversera un peu le segment endormi des berlines familiales appelée « projet Toni ».

Sierra 06

Avec ce projet, il s’agit de remplacer la Ford Taunus, d’où son nom sans doute. Si cette dernière était une berline très classique par son style, elle l’était aussi techniquement. Avec le projet « Toni » qui deviendra Sierra, c’est donc l’inverse qui est recherché. Son style est jugé révolutionnaire (au moins chez les cadres de Ford) : calandre tôlée sans grille, phares globuleux, hayon, pare-chocs en plastique, de quoi heurter une clientèle plutôt conventionnelle, et un grand patron américain qui l’était encore plus.

Sierra 05

Mais les talents de bateleur de Bob Lutz convaincront les cadres de la FoMoCo de valider le projet. En 1982 naîtra donc la Ford Sierra. Malgré ses allures modernes, on ne change pas tout d’un coup chez Ford, et la berline restera donc une propulsion. Cela dit, ce mode de transmission permettra à Ford de proposer ensuite des versions relativement puissantes et sportives qui feront beaucoup pour l’image du modèle, malgré son physique déconcertant. Dès 1984, la XR4i dotée du V6 Cologne de 2,8 litres et 150 ch s’attache à cultiver une image dynamique, enterrant par là-même le vénérable coupé Capri (lire aussi : https://boitierrouge.wordpress.com/2014/04/28/tickford-capri-turbo-la-vantage-populaire/).

Sierra 07 XR4i

La gamme Sierra proposera toute une ribambelle de moteurs, fluctuant au gré des millésimes. On trouvera même sous le capot des Indénor Peugeot de 2,3 litres et 67 ch (mazette !). Notons aussi la présence dans la gamme d’un étonnant V6 2 litres de 90 chevaux dont on se demande bien l’utilité (l’export vers le marché italien?) jusqu’en 1985. Côté sport, la XR4i se transforme en XR4x4 cette même année, avec l’ajout d’une transmission intégrale. Histoire de rentabiliser la plate-forme (on commence à réfléchir aux « voitures mondiales »), la Sierra sera vendue aussi aux USA sous la marque Mercury et le redondant nom de Merkur XR4Ti. Etonnament cette version américaine aura droit à un 4 cylindres Turbo de 177 ch plutôt qu’au V6. Elle sera vendue à plus de 40 000 exemplaires entre 1985 et 1989 chez l’Oncle Sam.

Sierra 10 Merkur

Ford n’en oublie pas le sport pour autant et, en 1986, sortira la fameuse Sierra RS Cosworth déjà décrite sur ce site (lire aussi : https://boitierrouge.wordpress.com/2014/08/22/ford-sierra-rs-cosworth-la-familiale-bodybuildee/). Côté luxe, c’est la griffe Ghia qui s’impose, signe du « haut de gamme » chez Ford depuis le rachat de l’officine italienne dans les années 60 et devenue une simple finition. Avec le restylage (réussi à mon goût) de 1987 apparaît une version berline 4 portes plus classique venant rejoindre le coupé 3 portes, la berline 5 portes et le break au catalogue, et venant contenter une clientèle plus classique encore rebutée par le look de batracien de la Sierra. C’est d’ailleurs cette version 4 porte qui reprend le flambeau du sport avec la transmission intégrale et le moteur Cosworth de 204 ch puis 220 ch, sans doute la plus désirable des Sierra pour moi.

Sierra 04 COSWORTH

Pour la petite histoire, ce modèle vient d’une obligation contractuelle entre Cosworth et Ford. Lors de la conception de la RS, le contrat stipulait la fourniture de 15 000 moteurs Cosworth. Il fallait donc remplir la fin du contrat après la production d’un peu plus de 5000 RS. Cette Sierra Cosworth 4×4 remplira sa part du contrat et comblera les espérances les plus folles de Ford avec 13 140 exemplaires vendus !

Sierra 01 Cosworth

Le début des années 90 voit la gamme Sierra lentement péricliter malgré les efforts de Ford pour entretenir l’effet nouveauté à coup de nouveaux moteurs, d’une version pick up, et de séries limitées, mais tout cela sent un peu la fin, car Ford s’est attelé à convevoir sa remplaçante, une familiale mondiale et consensuelle, la Ford Mondeo, au style très « edge design ». Mine de rien, cette berline au look atypique aura su tirer son épingle du jeu avec plus de 3,4 millions d’exemplaires vendus jusqu’en 1991, après 10 ans de carrière. Toutes les Sierra ne sont pas forcément intéressantes, mais si j’avais un peu d’argent, je me laisserai tenter par une Cosworth 4×4 avec son moteur gonflé à 220 ch. On en trouve à des prix acceptables puisque seules les RS semblent reconnues par les collectionneurs pour l’instant. Une bonne affaire à faire, assurément.

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